Entretierra, c’est un espace entre la vie et la mort, entre présence et absence, ni tout à fait l’un ni l’autre. C’est un espace sonore à part, où celles et ceux qu’on a fait disparaître peuvent encore raconter leur histoire et entendre les vivant.e.s qui les cherchent.
Au Mexique, depuis le lancement de la «guerre contre le narcotrafic» en 2006, on estime le nombre de personnes disparues à plus de 112 000. Leurs familles s’organisent pour tenter de les retrouver, mort.e.s ou vivant.e.s, partout où leur espoir les mènent : dans les prisons, les hôpitaux, les décharges publics, dans les banlieues et les déserts… Au fil du temps, elles ont développé des expertises dans la collecte de renseignements, la lecture des sols et des paysages, les techniques de fouilles archéologiques, l’identification d’ossements, mais aussi dans les façons de mener une lutte militante.