Festival international du
court métrage au saguenay

À quelques jours de l’Halloween et des trois projections mettant en vedette notre programmation Films de genre à travers le Québec (Alma, Coaticook, Saint-André-de-Kamouraska), on avait envie de vous jaser de ce genre cinématographique qui est toujours aussi populaire à REGARD année après année. C’est en discutant qu’on s’est rendu compte de l'ambiguïté qui règne autour de ce programme thématique auprès du grand public. 


Pour éclairer les zones grises qui planent au-dessus de ce sujet, nous avons pris le temps de discuter avec Jarrett Mann, cofondateur et président-directeur général du Festival SPASM, un festival de courts métrages insolites de Montréal. Grand cinéphile du cinéma de genre, Jarrett nous démystifie ce genre cinématographique et sa place dans le cinéma d’aujourd’hui. 


Boudé, marginalisé, incompris, qu’est-ce qu’un film de genre ? De l’horreur, un drame, du suspens ? Commençons par le début. Le film de genre est avant tout une bannière de films qui regroupe différents genres cinématographiques: horreur, science-fiction, fantastique et action. On peut dire que le film de genre revêt plusieurs habits, ce qui en fait un genre cinématographique qui n’est pas toujours évident à saisir. 


R: Jarrett, qu’est-ce qui distingue un film de genre des autres genres cinématographiques ?


J: Ce sont souvent des films qui comportent des codes qui sont des repères pour identifier le film de genre. Les codes peuvent être dans le sujet d’un film. Par exemple, s’il y a des esprits dans un film d’horreur. Le traitement aussi est un élément important du film de genre. Lorsqu’on parle de traitement, on parle de comment le film est réalisé et présenté aux cinéphiles. Est-ce qu’il y a des « jump scare » ? Est-ce que c’est grâce à la façon dont c’est filmé que l’histoire devient angoissante ?


R: Les codes ont donc un rôle important dans les films de genre ?


J: Oui. Ce que les cinéphiles de films de genre aiment c’est lorsqu’on joue avec ces codes-là. Lorsqu’on joue avec les attentes, quand on déconstruit et reconstruit les codes. Ce qu’il faut comprendre, c’est que les films de genre sont basés sur tout ce qui a été fait auparavant au cinéma. Le film de genre est à la fois une nouveauté et une copie de ce qui existe déjà, il crée un standard de genre de film qui se réinvente toujours dans le temps. Quand tu es fan de films de genre, c’est que tu aimes les cas plus nébuleux, dans lequel tu n’es pas trop sûr où se situe le film dans le genre cinématographique.


R: Est-ce qu’on peut dire que l’absurdité et le surréalisme dans le contenu et le contenant d’un film de genre sont des éléments prédominants ?


J: Il n’y a pas de règles absolues. Tu peux avoir un film d’horreur très sérieux, très réaliste, très dérangeant. Comme de l’autre côté, tu peux avoir un film d’horreur vraiment absurde avec des éléments « gores », des têtes qui explosent et finalement tu en ris. C’est comique et trash !


Je dis souvent que le cinéma de genre est le plus cinématoGRAPHIQUE, parce que dans son traitement, on va amener les spectatrices et les spectateurs dans des zones, dans des choses qu’elles ou qu’ils connaissent déjà, mais après ça on va essayer de les surprendre. Le film de genre est très sensoriel dans l’expérience cinématographique que vit le cinéphile. Du coup, il va jouer sur les sensations fortes la plupart du temps. Ça peut faire peur, déranger, comme ça peut émerveiller ou même inspirer. C’est un genre cinématographique qui est très divertissant.


R: À quoi ressemble le visage du cinéma de genre québécois ?

 

J: Il y a très peu de longs métrages de genre québécois qui se font. D’un autre côté, les courts métrages de genre québécois sont très audacieux. Il y a plus de risques qui se prennent dans les courts. Les réalisatrices et réalisateurs de films courts de genre ont plus de contrôle sur leurs films et osent beaucoup, ce qui n’est pas encore transposé dans le long métrage.


R: Selon toi, quelle est la valeur du cinéma de genre dans le monde cinématographique d’aujourd’hui ?


J: C’est un cinéma qui a de la valeur, qui a sa place et qui a des choses à dire. Des fois, on peut écouter un film de genre simplement pour vivre une émotion, comme un malaise et tout ça a autant de valeur à sa propre manière. Pour apprécier les films de genre, il faut oser, regarder des trucs et sortir de sa zone de confort. Il ne faut pas bouder son plaisir face aux films de genre, c’est comme ça qu’en tant que cinéphile, on trouve le genre que l’on aime. 


Le film de genre est définitivement un incontournable du cinéma d’aujourd’hui et la relève québécoise, en court métrage, est remplie de bijoux qui valent la peine d’être visionnés. Si vous êtes curieuses ou curieux de découvrir ce genre cinématographique, il est encore possible de visionner la programmation du Festival SPASM qui se déroule en ligne jusqu’au 31 octobre prochain. Une programmation qui explore les insolites québécois du cinéma de genre, à la science-fiction, l’horreur, le western à même les inclassables. Une belle occasion de découvrir ce qui se fait de plus captivant dans le cinéma de genre de chez nous. 


Quant à REGARD, le programme thématique Films de genre revient pour notre 26e édition qui aura lieu en mars 2022 ! D'ici là, REGARD se promène au cours des prochains jours à travers le Québec pour vous faire découvrir le film de genre avec une programmation délirante.

 

Photo: Court métrage Live Forever faisant partie de la programmation de films de genre à REGARD

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